Author: Wictoriane
•23:47

Le livre :
Titre original : Emma
Date de parution : 1815
Traduction française par : Josette Salesse-Lavergne
Editions Christian Bourgois (10-18)
550 pages

Le sujet
:
Angleterre, début du 19ème. Village de Highbury dans le Surrey, à 18 km de londres. Au départ de sa chère Miss Taylor, qui fut sa gouvernante, confidente et amie , la jeune Emma Woodhouse, 21 ans, fait la rencontre d'Harriet Smith, une jeune fille de 17 ans, une petite orpheline, et s'entête à lui trouver un mari qui lui permettra de s'élever dans la société. George Knightley, 37 ans, un vieil ami de la famille n'approuve guère les divagations d'Emma et préfèrerait qu'elle s'en tienne à ses propres affaires.

Le verbe :
Je devais taire mes sentiments tant que vous vous demeuriez indécise, mais je n'hésite plus à vous approuver en vous voyant si nettement résolue. Chère Harriet, je suis vraiment ravie. J'aurais été tellement malheureuse de vous perdre ! Je ne vous ai rien dit tant que vous n'aviez pas pris de décision, car je ne voulais pas vous influencer, mais ce mariage nous aurait forcément séparées. Jamais je n'aurais pu aller rendre visite à une Mrs. Robert Martin d'Abbey Mill Farm, mais à présent, je suis assurée de vous garder toujours pour amie.
Harriet n'avait pas du tout soupçonné le danger qu'elle courait et elle fut bouleversée rien qu'en y songeant.
- Vous n'auriez pas pu venir me voir ! s'écria-t-elle, stupéfaite. Non, bien sûr... C'aurait été impossible, mais je n'y avais pas pensé. Mon Dieu, ç'aurait été trop affreux ! Je l'ai échappé belle ! Chère Miss Woodhouse, je ne renoncerais pour rien au monde au plaisir et à l'honneur d'être de vos intimes.
(p 65)
Mon complément :
J'ai choisi cet extrait entre quelques autres relévés car je le trouve édifiant : il exprime en quelques mots toute la fragilité des relations : Emma serait donc prête à abandonner son amie sous pretexte qu'elle est "mal mariée", c'est à dire mariée à un gueux, un fermier, indigne de sa condition.

Cet extrait explique aussi que mes débuts avec la lecture d'Emma ont été difficiles car Emma ne me paraissait pas très sympathique, voire carrément antipathique. Mais l'hostilité ressentie est de courte durée, car Jane est très habile : elle prend le lecteur à témoin et nous entraîne dans son spectacle. Nous réagissons, et nous nous perdons avec bonheur dans le labyrinthe de ce roman.

Pauvre Emma, obligée de tenir compte de l'avis de son père, un homme valétudinaire qui est absolument contre tout mariage qui pourrait lui enlever ses chers intimes ! Du coup, Emma, qui désire plus que tout ne pas contrarier le pauvre homme, a décidé de ne jamais tomber amoureuse.

Après avoir désiré marier son amie Harriet au curé du coin, elle lui trouve un nouveau prétendant par ailleurs secrètement fiancé à une autre jeune fille, pour finir par entendre de la jeune impudente que celle-ci est amoureuse de son chez ami Knightley !

Cette révélation choque tellement Emma, très souvent interpellée "notre héroïne" (une appellation un peu désagréable je l'avoue) qu'elle se rend compte que c'est lui l'élu de son coeur.
Elle se rendait clairement compte qu'elle aimait Mr. Knightley, mais depuis quand lui était-il si cher ? Quand avait-il pris dans son coeur une place que Franck Churchill y avait occupée pendant une courte période. Elle essaya de se remémorer le passé et compara l'estime qu'elle portait à chacun des deux hommes depuis sa rencontre avec Franck Churchill.
(p 471)

Je peux le confimer à mon tour : Emma est un très beau roman, toujours élégant, souvent humoristique, parfois moralisateur (dénonciation des travers et de la fatuité d'une certaine société).
On peut, semble-t-il, se passer de danser car on a vu des jeunes gens rester des mois et des mois sans assister au moindre bal et ils n'en ressentaient aucun trouble physique ou moral sérieux. Pourtant, lorsqu'on a commencé et lorsqu'on a goûté une fois au plaisir d'évoluer vivement sur une piste, il faut que ces débuts aient été bien tristes pour ne pas vous donner envie de récidiver.
(p 283)
Est-il nécessaire de rappeler à quel point Jane m'est précieuse ? Je ne crois pas. Et je suis souvent prête à tomber sous le charme désuet des amants qui font leur cour si délicatement !

Couverture du livre : Beata Beatrix par Rossetti
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